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Être Monsacintelligent – Éléments à prendre en considération

Impact environnemental

Les discussions sur la politique sur les sacs doivent tenir compte de la manière dont les gens utilisent les sacs et de leur nécessité. Ceux qui voient les sacs uniquement comme des sacs de transport à usage unique, qui ne sont aucunement réutilisés, ne comprennent pas que les sacs sont essentiels à la vie quotidienne. Le résultat est qu’ils ignorent les conséquences imprévues des changements de la politique sur les sacs, des changements qui peuvent nuire à l’environnement et à l’économie et présenter également des répercussions sociales.

Alors, comment les gens utilisent-ils les sacs dans leur vie quotidienne? Selon les chiffres, 93 % de tous les sacs en plastique distribués à Montréal sont réutilisés ou recyclés (60 % sont réutilisés et 33 % recyclés).

Un sondage CROP de mai 2015 sur les habitudes d’utilisation des Montréalais montre que 87 % des Montréalais réutilisent leurs sacs à emplettes en plastique de nombreuses fois : 32 % les réutilisent pour transporter leur lunch, 15 % pour les déchets des animaux domestiques et 78 % pour gérer leurs déchets domestiques.

Par quoi les Montréalais remplaceront-ils les sacs pour gérer les déchets domestiques si les sacs à emplettes en plastique mince ne sont pas disponibles? Les sacs réutilisables ne sont utilisés qu’à une seule fin et ne sont pas réutilisés pour les déchets. Les sacs en papier se déchirent facilement et ne tolèrent pas l’eau. Les Montréalais seront forcés de les remplacer par des sacs à ordures pour la cuisine plus épais pour gérer leurs déchets. Ces sacs contiennent 74 % plus de plastique. Cela se traduira par une augmentation de 32 % de la quantité de plastique présente dans le flux de déchets, ce qui ne constitue guère un gain pour l’environnement.

Ajouter un lien à cliquer vers une fiche d’information Substitution par des solutions de remplacement.

Réduction

Les sacs à emplettes en plastique représentent une fraction du flux de déchets de Montréal à 0,27 % et également une fraction des déchets sauvages, ne comptant que pour 1 %. Ces sacs remplissent bien leur tâche sur le plan des 3 R. C’est sur la réduction du nombre de sacs distribués qu’on retrouve les gains les plus importants à Montréal et à Québec.

Le nombre de sacs à emplettes en plastique mince distribués au Québec a diminué de 52 % (MEO du Québec) grâce au programme provincial de l’éducation du public et de la réduction volontaire des sacs 2008-2010, objectif que les Québécois ont atteint en seulement deux ans dans le cadre d’un programme de cinq ans. La réduction des sacs non essentiels se poursuit, alors que l’industrie et les détaillants des sacs travaillent fort à réduire la distribution des sacs non essentiels en utilisant des stratégies d’éducation du public et d’intendance des produits 3R. Le RCC rapporte une réduction de 76 % du nombre de sacs distribués au Québec par les épiceries.

Les détaillants de Montréal et Québec dirigent des programmes d’éducation du public en magasin continus et dynamiques comme « avez-vous-besoin-d’un-sac? », un meilleur emballage, des rappels « N’oubliez pas vos sacs » dans l’aire de stationnement, des sacs réutilisables à vendre, alors que certains facturent des frais pour les sacs. L’industrie des plastiques continue d’investir fortement dans les technologies du recyclage, de la fabrication de nouveaux produits écologiques faits à partir de sacs en plastique recyclés, en plus d’intégrer de façon routinière le contenu recyclé dans les sacs en plastique.

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Être Monsacintelligent

Réutilisation

Cela se résume au comportement du consommateur, à la manière dont les gens utilisent les sacs. La plus grosse illusion à la base d’appels pour des interdits de sacs est que les sacs à emplettes en plastique mince visent une utilisation unique, une utilisation de 20 minutes à titre de sacs de transport pour ensuite être jetés. Selon les partisans de l’interdit, les sacs ne sont pas réutilisés. Ceci est FAUX.

Les données démontrent que 60 % des sacs sont réutilisés deux fois ou plus à Montréal, à diverses fins, sous forme de sacs à lunch, pour l’entreposage, comme sacs pour les livres, pour gérer les déchets domestiques et d’animaux de compagnie.

Un sondage CROP de mai 2015 sur les habitudes d’utilisation des Montréalais montre que 87 % des Montréalais réutilisent leurs sacs à emplettes en plastique de nombreuses fois : 32 % les réutilisent pour transporter leur lunch, 15 % pour les déchets des animaux domestiques et 78 % pour gérer leurs déchets domestiques.1'width=

Recyclage

Le taux de recyclage des sacs à Montréal est très élevé, soit de 33 à 35 % de tous les sacs distribués. Montréal possède un système de recyclage avant-gardiste et de nouveaux centres de tri de matières résiduelles (CTMR) sont planifiés. L’industrie assume 100 % des frais liés au recyclage des sacs dans la Ville de Montréal, ce qui témoigne de son engagement envers la gérance environnementale.

L’industrie a investi dans la recherche de pointe en technologies de recyclage novatrices qui permettent aux sacs à emplettes en plastique d’être recyclés et convertis en produits écologiques pratiques tels que des meubles de plein air, des fournitures de bureau et de jardin, des conduites d’eau, du bois synthétique pour le plancher et les terrasses. Il s’agit d’un important pas en avant dans l’économie circulaire où rien n’est gaspillé, et où les ressources comme les sacs à emplettes en plastique sont réutilisées et, à la fin de leur durée de vie utile, sont recyclées et converties en un nouveau produit écologique.3'width=

Cette économie circulaire représente une industrie de 2 milliards de dollars annuellement en Amérique du Nord. Gaudreau Environnement, basé au Québec, a profité de l’occasion en recyclant les sacs à emplettes en plastique et les bouteilles de vin en dalles, lesquelles montrent un rendement supérieur à celui du béton. Un pied carré de dalles contient 600 sacs à emplettes en plastique recyclés et douze bouteilles de vin. 4'width=

Solutions de remplacement

Les candidats habituels pour remplacer les sacs à emplettes en plastique sont les sacs réutilisables et en papier. Parce qu’ils ont tous deux une plus grande masse et sont beaucoup plus lourds, ils ont un plus grand impact sur l’environnement : ils consomment plus de ressources et génèrent beaucoup plus de déchets. Les sacs à emplettes en plastique pèsent 7 à 8 g, les sacs réutilisables pèsent entre 93 et 110 g et les sacs à emplettes en papier Kraft pèsent 55 g. Ceci signifie que la substitution des sacs en plastique par des sacs en papier générera sept fois plus de déchets et sept fois plus de gaz à effet de serre.

C’est la raison pour laquelle Taïwan a abrogé un interdit sur les sacs en plastique dans le secteur alimentaire, car ils ont généré une « montagne » de déchets et une montée en flèche des émissions de gaz à effet de serre.

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Les impacts des solutions de remplacement signifient plus de déchets et de plus grands impacts sur le flux de déchets, sans mentionner de plus grands impacts sur le réchauffement planétaire et le changement climatique.

Solutions de remplacement – Sacs en papier

Chaque étude scientifique d’évaluation du cycle de vie démontre que les sacs à emplettes en plastique constituent un meilleur choix environnemental ou présentent un meilleur impact sur le réchauffement planétaire. Une évaluation du cycle de vie de Carrefour EcoBilan démontre que la fabrication des sacs en papier consomme 2,2 fois plus d’énergie non renouvelable et 4,7 fois plus d’eau que les sacs en plastique, émet 3,1 fois plus de gaz à effets de serre et 2,7 fois plus de gaz acides que la fabrication des sacs en plastique. Et la réutilisation des sacs à emplettes en papier est quasiment non existante, car ils se déchirent facilement et ne tolèrent pas l’eau. 10'width=

Les sacs réutilisables comme solution de rechange

Les sacs réutilisables sont populaires; 58 % des Montréalais les utilisent (sondage CROP de mai 2015), mais les sacs réutilisables ne sont pas recyclables au Québec, ce qui signifie qu’ils vont se retrouver dans les sites d’enfouissement de Montréal à la fin de leur durée de vie utile.

Et les sacs réutilisables nécessitent beaucoup plus de ressources à produire et ont un plus grand impact sur le réchauffement planétaire que le sac à emplettes en plastique utilisé une seule fois. Par exemple, un sac en coton réutilisable doit être réutilisé 131 fois pour égaler le rendement environnemental des sacs en plastique utilisés une seule fois. (U.K. Environment Agency Evidence Life Cycle Assessment of supermarket carrier bags https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/291023/scho0711buan-e-e.pdf)

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Le problème des sacs réutilisables est qu’ils n’ont qu’une seule utilité et ne peuvent être réutilisés pour gérer les déchets domestiques. Les résidents continueront d’avoir besoin de sacs en plastique pour gérer leurs déchets domestiques. Si les sacs en plastique mince sont interdits, les résidents seront FORCÉS d’acheter des « sacs à ordures pour la cuisine » en plastique plus épais pour leurs déchets domestiques. Ceci AUGMENTERA la quantité de plastique dans le flux de déchet de 32 %.

Potentiel de réchauffement planétaire – La science

Toutes les études scientifiques de cycle de vie démontrent qu’en plus d’être entièrement recyclables, les sacs à emplettes en plastique, même lorsqu’ils sont utilisés seulement une fois, représentent l’une des meilleures options de sacs en ce qui a trait au plus faible potentiel de réchauffement planétaire lorsqu’on les compare aux sacs en papier ainsi qu’aux différents types de sacs réutilisables.

Une des études les plus poussées est une comparaison du cycle de vie environnemental réalisée en 2011 par l’agence environnementale du gouvernement du Royaume-Uni, qui est allée au-delà du papier et du plastique pour inclure une gamme de sacs réutilisables.

Cette étude a conclu que, comparativement à tous les autres sacs sur le marché, le sac à emplettes en plastique mince, même s’il n’est utilisé qu’une seule fois, présentait une plus faible empreinte de carbone — surpassant toutes les solutions utilisées à de nombreuses reprises, en ce qui a trait au rendement environnemental. Il présentait un potentiel de réchauffement planétaire inférieur.

Les sacs longue durée doivent être réutilisés de nombreuses fois pour égaler le rendement environnemental des sacs à emplettes en plastique traditionnels utilisés une seule fois.

  • Les sacs en coton réutilisables doivent être réutilisés 131 fois pour égaler le potentiel de réchauffement planétaire inférieur des sacs en plastique utilisés une seule fois.
  • Le sac en LDPE (polyéthylène basse densité) doit être réutilisé quatre fois pour donner un rendement semblable à celui du sac en plastique mince.
  • Quant à lui, le sac en polyéthylène non tissé doit être réutilisé onze fois.

(U.K. Environment Agency Evidence Life Cycle Assessment of supermarket carrier bags https://www.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/291023/scho0711buan-e-e.pdf)

Impact économique d’un changement à la politique des sacs à Montréal

Sur le plan économique, personne ne ressort gagnant si les sacs sont interdits.

Pour les fabricants de sacs, une interdiction se solderait en fermetures et en pertes d’emplois. Pour les citoyens, cela signifie que les coûts des produits alimentaires augmenteront de 30 à 35 millions de dollars en raison des sacs d’épicerie de 50 microns actuellement proposés. Il en coûtera également plus pour gérer les déchets ménagers, soit une augmentation allant jusqu’à 140 % (les sacs à provisions en plastique coûtent 5 cents; un sac à déchets ménagers, 12 cents en moyenne). Pour les détaillants du domaine de la mode qui éprouvent déjà des difficultés en raison de la concurrence accrue en ligne, cela se traduit par des coûts plus élevés pour les sacs. Pour les épiciers qui devront réorganiser l’ensemble des caisses pour accommoder la transition vers les sacs en papier, les coûts seraient énormes. Et pour les dépanneurs du coin, une interdiction serait accablante, car 85 % de leurs activités sont basés sur les achats impulsifs.

Même les solutions de rechange proposées considérées comme des « occasions » par les décideurs peuvent représenter d’importants défis financiers et technologiques auxquels l’industrie peinera à s’adapter. En réalité, il est possible qu’il soit plus rentable d’importer des sacs de rechange plutôt que d’investir des millions localement dans de nouveaux équipements.

3 R et les interdits – Qu’est-ce qui fonctionne le mieux pour la réduction des sources?

Les interdits et les 3R présentent des approches complètement différentes pour la réduction du nombre de sacs en distribution. Ceci s’oppose aux décrets descendants contre la responsabilité de l’intendance des produits de l’individu de faire la bonne chose pour l’environnement.

Les interdits s’en prennent au produit en le déclarant nocif. Le problème n’est pas le comportement des gens. Les interdits sur les sacs sont fondés sur la fausse hypothèse que les sacs à emplettes en plastique sont à usage unique et utilisés seulement comme sacs de transport. Il n’y a aucune réutilisation. Ils pensent que les gens ont échoué à assumer leur responsabilité d’intendance individuelle, donc que l’état doit intervenir et interdire le produit du marché.

Les 3R — réduire, réutiliser et recycler — sont le fondement du comportement écoresponsable des consommateurs. Ils se concentrent sur la manière dont les gens utilisent les sacs dans leur vie quotidienne et sur leur nécessité. Les 3R enseignent aux gens comment être de bons gestionnaires de produits et à faire des choix responsables sur le plan de l’environnement.

Ce qui a fonctionné se trouve au Québec et au Canada?

Les interdictions éliminent le sac, mais n’éliminent pas le besoin à l’origine. Les interdictions échouent en raison des substituts. Le fait d’interdire les sacs n’élimine pas le plastique du flux de déchets, mais entraîne plutôt davantage de déchets, soit une augmentation de 32 % en plastique. Pourquoi? Parce que 78 % des Montréalais réutilisent leurs sacs en plastique pour gérer leurs déchets ménagers (Sondage Crop, mai 2015). Donc tout ce qu’une interdiction des sacs en plastique aura pour effet sera de forcer la population à remplacer les sacs par des sacs plus épais, comme des sacs à ordures ménagères qui contiennent 74% plus de plastique, pour gérer leurs déchets ménagers. Cette option ne constitue pas une stratégie positive de réduction à la source. Et une augmentation de 200 % des plastiques avec un sac de 50 microns obligatoire ne fera qu’empirer la situation pour l’environnement.

Et les sacs réutilisables n’éliminent pas le besoin de recourir à des sacs pour gérer les déchets ménagers.

Les 3 R ont prouvé leur efficacité au Québec pour réduire le nombre de sacs. Il s’agit d’un modèle qui instaure un changement de comportement durable. En 2008, la province, en collaboration avec l’industrie du sac et les détaillants, a lancé un programme de réduction volontaire promouvant les 3 R auprès du public. En 2010, seulement deux ans après le lancement du programme quinquennal, le nombre de sacs distribué avait diminué de 52 %, la consommation de sacs réutilisables a grimpé et le taux de recyclage des sacs atteignait un sain pourcentage de 33 % de tous les sacs distribués. Le programme a fonctionné pour les raisons suivantes: 1. Il a représenté un effort de collaboration entre le gouvernement, les détaillants, l’industrie et les citoyens. 2. Il a permis d’éviter les conséquences négatives imprévues sur l’environnement, l’économie et la société causées par l’interdiction des sacs. 3. Il a fourni aux Québécois les ressources éducatives et les outils nécessaires pour faire les bons choix quant à la gestion écologique des sacs.